Une mission entrepreneuriale fructueuse

Du 8 au 18 janvier derniers, je suis parti à la découverte de l’écosystème entrepreneurial français avec un groupe d’entrepreneurs étudiants du CÉGEP de Saint-Jérôme. Notre cohorte s’est déplacée entre Paris, Nantes et Lille pour y rencontrer différents intervenants du démarrage d’entreprise.

Cette expérience a été des plus riches pour les étudiants ainsi que pour moi-même, à titre que coach en démarrage d’entreprise. Aujourd’hui, je suis heureux de vous partager quelques-uns de mes constats sur l’écosystème entrepreneurial français.

Un accueil chaleureux

Dans un premier temps, il faut dire que l’accueil français nous a fait chaud au cœur. Les intervenants que nous avons rencontrés ont été d’une gentillesse incroyable avec notre délégation. Ils étaient engagés et dévoués envers nos participants. Ils ont rendu l’expérience agréable et ils nous ont fait réaliser à quel point les canadiens sont aimés des Français. Il est agréable de ressentir cette connexion naturelle entre nos deux cultures. Un merci tout spécial à monsieur Hugues Franc, fondateur de Beleev, pour son accueil et le partage de son vécu entrepreneurial !

Une effervescence palpable

Il est clair que l’entrepreneuriat français se trouve actuellement sur une montée. Les aides au démarrage d’entreprises sont présentes sur le terrain et l’offre s’élargit. On note d’ailleurs une croissance considérable du nombre d’entrepreneurs accompagnés chez la plupart des organismes rencontrés.

Également, on sent bien l’enthousiasme des entrepreneurs eux-mêmes. L’un des entrepreneurs rencontrés nous a d’ailleurs mentionné ceci :

« Si on vous dit que c’est difficile d’entreprendre en France, dites-vous que c’est faux. C’est loin d’être difficile ! » 

Des liens forts avec les grandes entreprises

L’une des forces de l’écosystème entrepreneurial français, c’est sa capacité de maillage entre les grandes entreprises et les jeunes pousses entrepreneuriales. Par exemple,

Station F, EuraTechnologies, et Le Village by CA ont tous su créer une proximité entre la grande entreprise et l’entrepreneur en démarrage.

Cette proximité est rendue possible grâce aux organismes facilitateurs, bien entendu, mais également, grâce à une forte sensibilité à l’innovation ouverte de la part des grandes entreprises. Il semble que cette notion soit davantage acquise chez grandes sociétés françaises, qui se tournent tout naturellement vers les entrepreneurs pour innover.

Je crois que ce maillage est l’une des forces de l’écosystème entrepreneurial français et que nous gagnerions à tenter de l’accentuer ici, au Québec.

Un salaire pour démarrer son entreprise

Une autre particularité du démarrage d’entreprise en France, c’est l’accès au chômage pour démarrer son entreprise. Bien que nous ayons au Québec un programme similaire, soit la mesure STA (Soutien aux travailleurs autonomes), il semble que les modalités et l’accessibilité au programme soient plus avantageuses du côté français.

Dans un premier temps, la mesure française donne droit à une plus longue période de chômage que celle que l’on connait ici, au Québec. On m’a mentionné que la période de prestations pouvait aller jusqu’à deux ans en France. Lorsqu’on lance une entreprise, le fait de pouvoir sécuriser son revenu durant les deux premières années, c’est considérable !

Également, le programme ne semble pas être discriminant au niveau les industries, ce qui est le cas au Québec. Finalement, le programme français permet de capitaliser le montant du chômage afin de l’investir dans l’entreprise en démarrage. J’en suis resté tout simplement bouche-bée !

Une valorisation de l’entrepreneuriat étudiant

L’univers entrepreneurial français semble avoir une petite longueur d’avance sur le Québec en matière d’entrepreneuriat étudiant. Nous avons eu la chance de rencontrer les gens de Pépite France, soit un programme national qui soutient et accompagne les étudiants entrepreneurs dans leur projet d’affaires. Ce programme est adapté à la réalité des étudiants et un soutien financier complète parfois l’accompagnement reçu. Par exemple, Pépite Île-de-France offre aux participants du programme un espace de travail à la Station F.

Également, l’État français offre une reconnaissance formelle aux étudiants qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale, soit le statut national étudiant-entrepreneur. En plus de valoriser la double réalité d’étudiant-entrepreneur, ce statut facilite les différentes demandes administratives faites par les étudiants.

Faire les choses en grand !

Il ressort également que l’écosystème entrepreneurial français sait faire les choses en grand. La Station F, le Village by CA et EuraTechnologies sont tous des structures qui imposent le respect. Par exemple, Euratechnologies compte 4 programmes d’incubation et d’accélération qui regroupent 165 entreprises. Cela représente plus de 3700 emplois sous le même toit. S’ajoute à cela 6 laboratoires de recherche mis à la disposition des entrepreneurs, des espaces de travail et des technologies à la fine pointe.

EuraTechnologies est né d’un programme de réhabilitation suite à la fermeture de l’usine Blanc-Lafont à Lille en 1989, lors de la crise de l’industrie cotonnière. Aujourd’hui, EuraTechnologies est en train de devenir un chef de file en matière d’innovation et de startup.

L’audace des gens de Lille a donc rapporté sur le long terme. J’admire cette audace et je constate qu’elle teinte l’ensemble l’écosystème entrepreneurial français.

Mission accomplie !

Si le but de la mission était d’inspirer la prochaine génération d’entrepreneurs Québécois, alors c’est chose faite ! L’entrepreneuriat français nous apprend que nous pouvons également voir les choses en grand et songer à d’autres modèles d’intervention en entrepreneuriat. On retiendra également que nous avons de précieux alliés francophones de l’autre côté de l’Atlantique et que nous gagnerions à mailler davantage nos communautés entrepreneuriales respectives.


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